l’Intelligence Artificielle peint un poème de Baudelaire et un autre de Blake

Il y a quelques années, j’étais fasciné par la possibilité d’animer n’importe quel séquence d’images avec un style de post-traitement de l’IA. J’avais hâte d’approfondir mes recherches dans la prédiction de l’image suivante et éventuellement la production de films, quelle que soit l’intensité de calcul, même pour une minuscule production d’une animation de “gif”.

J’ai lu des nombreux articles théoriques mais difficiles à mettre en œuvre, même sur des processeurs de GPUs dédiés. Jusqu’à très récemment, Open AI a apporté de merveilleuses contributions avec la traduction de leur CLIPS du texte en image qui a été packagé il y a quelques mois sous le nom de DALL-E. Le texte pouvait s’étendre sur plusieurs mots décrivant parfois des concepts complexes que DALL-E était capable d’abstraire et de traduire en images significatives et de même pour l’application de Ryan Murdock de Clips que j’ai utilisée initialement.

Avec quelques ajustements aux algorithmes et de nombreuses itérations avec les paramètres, j’ai réussi faire peindre à l’IA un poème de William Blake.

Blake vu par l’Intelligence Artificielle

Je n’ai pas eu les même résultats avec un poème de Baudelaire. Le résultat étant beaucoup plus abstrait veut dire que l’IA demande plus d’itérations pour l’abstraction des concepts d’une langue étrangère comme le français.

Baudelaire vu par l’intelligence artificielle

Titre : Moesta et errabunda

Poète : Charles Baudelaire (1821–1867)

Recueil : Les fleurs du mal (1857).

Dis-moi, ton coeur parfois s’envole-t-il, Agathe,
Loin du noir océan de l’immonde cité,
Vers un autre océan où la splendeur éclate,
Bleu, clair, profond, ainsi que la virginité ?
Dis-moi, ton coeur parfois s’envole-t-il, Agathe ?

La mer, la vaste mer, console nos labeurs !
Quel démon a doté la mer, rauque chanteuse
Qu’accompagne l’immense orgue des vents grondeurs,
De cette fonction sublime de berceuse ?
La mer, la vaste mer, console nos labeurs !

Emporte-moi, wagon ! enlève-moi, frégate !
Loin ! loin ! ici la boue est faite de nos pleurs !
- Est-il vrai que parfois le triste coeur d’Agathe
Dise : Loin des remords, des crimes, des douleurs,
Emporte-moi, wagon, enlève-moi, frégate ?

Comme vous êtes loin, paradis parfumé,
Où sous un clair azur tout n’est qu’amour et joie,
Où tout ce que l’on aime est digne d’être aimé,
Où dans la volupté pure le coeur se noie !
Comme vous êtes loin, paradis parfumé !

Mais le vert paradis des amours enfantines,
Les courses, les chansons, les baisers, les bouquets,
Les violons vibrant derrière les collines,
Avec les brocs de vin, le soir, dans les bosquets,
- Mais le vert paradis des amours enfantines,

L’innocent paradis, plein de plaisirs furtifs,
Est-il déjà plus loin que l’Inde et que la Chine ?
Peut-on le rappeler avec des cris plaintifs,
Et l’animer encor d’une voix argentine,
L’innocent paradis plein de plaisirs furtifs ?

Traditional, Digital & AI Artist, Data Scientist, Creative Coder, Filmmaker, Hyperpolyglot, Cosmopolitan. Formerly @snips @fortia_s @UPMC @CNRS @paris_sorbonne.

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